Une saison en France

922 vues
Télécharger le podcast

Une saison en France

Un film de Mahamat-Saleh Haroun avec Sandrine Bonnaire et Eriq Ebouaney.

1h37. Sortie en salles le 31 janvier.

"Une saison en France" a pour héros, Abbas. C'est un professeur de français qui vivait à Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Avec son frère Etienne, professeur de philosophie, il a fui la guerre civile, où sa femme a été tuée, pour s'offrir une nouvelle vie en France. Habitant la banlieue parisienne depuis bientôt deux ans avec sa fille de 8 ans et son fils de 12 ans, il espère aujourd'hui obtenir un statut de réfugié. Abbas travaille sur un marché et c'est là qu'il rencontre une certaine Carole. Celle-ci va l'aider à affronter les fantômes de son passé.

En proie à des vagues de déplacements migratoires massives depuis plusieurs années, l’Europe a bien du mal à accueillir tous les ressortissants qui affluent sur ses terres. Enfermement géographique (centres de rétention) ou politique (repli sur soi, montée des partis nationalistes), rares sont les États pouvant subvenir aux besoins des personnes en recherche de stabilité. Réveillant la culpabilité des uns et le manque d’engagement des autres, cette question ne laisse personne indifférent et influe fortement sur la création artistique de ces dernières années, notamment dans les domaines de la photographie et du cinéma.

La sélection du Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand (France) de février 2017 le montrait bien : d’Afghanistan au Royaume-Uni, la migration était abordée dans plusieurs productions, du départ du lieu de vie à l’arrivée sur une terre d’accueil souvent hostile en passant par le trajet à parcourir pour passer d’un pays à un autre.

Dans Une saison en France de Mahamat-Saleh Haroun, pas de trajets depuis l’Afrique mais une scène d’ouverture dans laquelle le cineaste s’empare intelligemment de la figure fantomatique du défunt. Abbas (Eriq Ebouaney) est un père de famille centrafricain qui a perdu sa femme (la chanteuse Sandra Nkake) et cherche à s’établir en France avec ses deux enfants. Autour de lui, son frère Etienne (Bibi Tenga) et sa petite amie Carole (Sandrine Bonnaire), tentent d’apaiser son quotidien avec des livres ou des petits attentions. Mais Abbas doit suivre le long procédé de demandeurs d’asile. Ses enfants à la couleur de peau différente  rêvent de stabilité, de chambre blanc et or avec des jouets, ou bleue avec des posters de Zlatan et un ordinateur – voire même, qui sait, une Playstation4.

La migration non souhaitée est un phénomène empli de détresse qui ne peut nous laisser indifférent. Aux cinéastes de trouver le bon ton pour alerter l’opinion et ramener un peu d’humanité dans ces tristes situations auxquelles chacun peut être un jour confronté.

Et nous comment réagissons-nous ? Que faisons-nous ?

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article